ℹ️ À propos de cette page – Le texte ci-dessous est une retranscription résumée du bulletin communal original « Notre Tribune » n°4. Le document original, numérisé, est consultable et téléchargeable en fin d’article.
Bulletin communal · Numéro 4 · 1978
Quatrième numéro de Notre Tribune, le premier préparé par un comité de rédaction. Le « bulletin municipal » devient le « bulletin communal ». Au sommaire : la vie au village, les travaux du Conseil, les finances, l’inauguration du square Gérard-Philipe le 25 juin 1978, des informations pratiques, plusieurs pages d’histoire (le registre de 1788-1789, le lieudit Cléry, la commune du Laonnois), les associations et de nombreuses libres opinions.
Merlieux en quelques chiffres
125
Habitants, contre 133 au recensement de 1975
77 402 F
Budget primitif de la commune pour 1978
25 ans
De mandat pour l’adjoint Michel Hocquet, médaillé en 1978
200
Livres recensés à la bibliothèque municipale
Au sommaire
- Le mot du maire
- La vie au village
- Les travaux du Conseil et des commissions
- Impôts et budgets
- Information communale
- La journée du 25 juin 1978
- Informations pratiques
- Le village en images
- Pages d’histoire
- Le territoire : chemins et canton
- Associations et fêtes
- Libres opinions
- Le bulletin original (PDF)
Le mot du maire
Un comité de rédaction ayant été constitué, ce numéro est « le résultat d’un travail d’équipe ». Avec cette nouvelle organisation, le bulletin municipal devient le bulletin communal. Roland Durand précise les règles : à Merlieux, « fief de la liberté », la censure sera rigoureusement exclue, mais les articles autres que ceux de la vie administrative devront être signés et n’engageront que leurs auteurs.
Il fait confiance aux « journalistes amateurs » pour que le bulletin reste un lieu de rencontre amical et non de controverses qui diviseraient la communauté. Merlieux ne peut pas non plus se proclamer « commune libre et indépendante » : son développement exige de bons rapports avec les administrations, et des prises de position idéologiques systématiques en dehors des élections risqueraient de tisser autour du village « un cordon sanitaire ». Ce ne sont pas, conclut-il, des limites à la libre expression, « mais de simples réflexions d’un administrateur local ».
La vie au village
« Pas de bond en avant » : la population a encore diminué, de 133 habitants au recensement de 1975 à 125, sans compter les occupants des résidences secondaires. Celles-ci posent problème lorsqu’elles occupent des maisons existantes ; neuves, elles apportent au moins leur part d’impôts au budget communal.
État civil de 1977 et nouveaux habitants
| Trois mariages | Joël Decaux et Pascale Corcy, tous deux enseignants ; Raymond Verlyck et Béatrice Gosset ; Yves Butcher et Martine Blondelle |
| Un décès | Mme Bertha Lemaire, épouse Leroux |
| Transcriptions de naissance | Fabien Decaux, Mathilde Kikel |
| Arrivées | M. et Mme Feuillatre (retraités) ; M. et Mme Touboulic (Mme Touboulic fut institutrice à Merlieux) ; M. et Mme Bellangeon (retraités) ; M. et Mme Foulque Dyrla ; M. Jean-Luc Morris, directeur de la ferme pour enfants |
| Départs | Pascale Corcy et Martine Blondelle, à la suite de leur mariage |
| Permis de construire | M. et Mme Roland Seval ; M. et Mme Leblanc |
| Permis d’aménagement | M. Villain (enseignant) ; M. Parisot (inspecteur d’assurance) |
Quelques demandes de terrains à bâtir ont été formulées, et la nouvelle réglementation de l’urbanisme, en vigueur au 1er janvier 1978, permettra peut-être une meilleure utilisation des terrains. Le bulletin souhaite que les futures maisons soient dispersées dans les différents hameaux, pour que des « agglomérats géométriques » ne viennent pas « détériorer la beauté sauvage de notre environnement ».
Les travaux du Conseil et des commissions
Le scrutin du 13 mars 1977 ayant pourvu les 11 sièges, le Conseil s’est réuni le 19 mars pour élire le maire, les adjoints et les commissions. Lors de sa première séance de travail, le 1er mai, il a décidé de poursuivre les travaux engagés par la précédente municipalité : aménagement du square, modernisation de la lutte contre l’incendie, captage de la nouvelle source, extension des réseaux électrique et d’assainissement. Il a aussi décidé de demander à M. de la Fortelle l’achat d’une parcelle de pré pour aménager un terrain de sport, et chargé Patrick Kikel de la coordination avec la jeunesse.
Réunion du 11 juin 1977 : la commune et le C.P.I.E.
À la demande de plusieurs conseillers, le directeur du C.P.I.E. est venu répondre à leurs questions. Il en ressort que le domaine, bien qu’acheté avec des fonds publics, est une propriété privée de l’Office du tourisme : les habitants n’ont donc pas d’avis à formuler sur son utilisation. Le C.P.I.E. fonctionne selon la loi de 1901 ; le maire de Merlieux est membre de droit de son conseil d’administration, et un conseil d’orientation présidé par l’inspecteur d’académie participe aux programmes. Aucun organisme de liaison avec le Conseil municipal n’a été prévu. Le Conseil a aussi décidé le fauchage des talus, ou leur débroussaillage lorsque le fauchage est impossible.
Séance du 30 juillet : tarifs de la salle du Foyer
| Utilisation | Redevance |
|---|---|
| Maison de l’Aisne | forfait 1976 : 500 F |
| Réunions familiales des habitants | 50 F avec chauffage, gratuit sans chauffage |
| Bal, anniversaire | 100 F |
| Personnes extérieures à la commune | 250 F, dont 50 F de caution |
| Conférences éducatives ou de loisirs | 2 F par participant ; tarif normal de 250 F si l’entrée dépasse 5 F |
| Activités de la jeunesse de Merlieux | gratuit, sous le contrôle de Patrick |
Le Conseil a aussi demandé aux P.T.T. l’installation d’une cabine téléphonique et au Crédit Agricole un emprunt pour financer l’adduction d’eau.
Séance du 10 novembre 1977
- Approbation du compte administratif de 1976 (celui de l’ancienne municipalité).
- Vente de bois à M. Viot : 24 m³ à 50 F et 200 m³ à 7 F, soit 2 600 F.
- Comptes de la fête communale : 500 F pour la fête de Noël, 500 F pour le colis des anciens (Bureau d’Aide Sociale), 1 000 F de réserve pour 1978, 1 000 F sans affectation ; soirée des musiciens payée 1 150 F, plus 75 F de droits d’auteur.
- Approbation des travaux d’adduction d’eau et de lutte contre l’incendie, après réception par la commission des eaux.
- Abandon du projet de repas de fin d’année.
Les travaux des commissions en 1977
- Fêtes – 2 avril : programme de l’année (14 Juillet, fête communale, 11 Novembre, Noël) ; 8 mai : réunion avec les jeunes, soirée brochettes et feu de camp ; 17 août : programme de la fête communale ; 1er octobre : bilan des trois journées de fête ; 21 décembre : bilan de la fête de Noël ; 28 décembre : calendrier des loisirs de 1978.
- Bois – 4 mai : vente des bois communaux à M. Viot.
- Eaux – 2 août : réception provisoire des travaux d’adduction, en présence de M. Loiselet, ingénieur du Génie rural. Le projet accepté en 1975 (20 millions d’anciens francs) a connu un dépassement de 4 millions.
- Délégués – réunions du syndicat de ramassage des ordures ménagères à Anizy-le-Château, du syndicat du C.E.S. d’Anizy et du syndicat électrique du sud de Laon (13 décembre à Urcel).
- Aide sociale – 26 décembre : vote du budget et colis des anciens.
- Finances et impôts – redevance des ordures ménagères, emprunt au Crédit Agricole, devis pour le réseau d’assainissement n°4.
Impôts et budgets
Imposition de l’année 1977
| Nature | Taxe d’habitation | Foncière bâtie | Foncière non bâtie | Patente | Total |
|---|---|---|---|---|---|
| Département – taux | 11,80 % | 12,50 % | 36,60 % | 5,38 % | – |
| Département – montant | 9 299 | 5 830 | 7 400 | 385 | 22 914 F |
| Commune – taux | 4,42 % | 5,78 % | 21,70 % | 2,69 % | – |
| Commune – montant réel | 3 242 | 2 505 | 4 074 | 179 | 10 000 F |
| Total réel | 12 784 | 8 523 | 11 780 | 577 | 33 664 F |
| Indices (centimes) | 0,347 | 0,454 | 1,42 | 0,176 | – |
Budget primitif 1978
Le budget primitif de 1978 s’équilibre à 77 402 F en dépenses et en recettes. Pour calculer l’effort fiscal, la valeur du centime est fixée à 0,1792 F (taxe foncière bâtie 4,49, non bâtie 7,30, taxe d’habitation 5,81, taxe professionnelle 0,32). Le bulletin indique aussi la valeur locative moyenne des habitations (1 640 F) et le taux communal de la taxe professionnelle (2,69 %). Le détail par chapitre figure dans le document original.
Une situation financière rétablie
« Gravement compromise en septembre » par les dépassements de l’adduction d’eau, la situation a pu être assainie grâce à des recettes extra-budgétaires, et le budget supplémentaire de 1977 a été voté. Il s’équilibre à 203 553,78 F (31 540,85 F de fonctionnement et 172 012,93 F d’investissement).
| Recettes extra-budgétaires | Montant |
|---|---|
| T.V.A. (option eau) | 34 456,32 F |
| Subvention du bassin | 14 000,00 F |
| Subvention du Conseil général | 30 000,00 F |
| Subvention de l’Établissement régional | 5 019,00 F |
| Total | 83 475,30 F |
Information communale
Les membres du Conseil municipal, du Bureau d’Aide Sociale et de la commission des impôts présentent leurs vœux aux habitants pour la nouvelle année, et promettent de tout mettre en œuvre pour que la commune « reste bien vivante » et ne prenne aucun retard dans sa modernisation.
- L’eau – une analyse récente a montré que l’eau des sources est bactériologiquement pure, donc potable. Elle contient des nitrates, sans danger, mais ne doit pas servir à préparer les biberons des enfants de moins de 6 mois.
- Nouveaux tarifs – ordures ménagères : 25 F par adulte et 10 F par enfant (10 ans) ; eau : forfait de 40 m³ pour 180 F, puis 1,50 F le mètre cube supplémentaire, plus T.V.A. à 7 %.
- Calendrier des loisirs – 26 février à 15 heures : théâtre de marionnettes (entrée 3 F), vente de crêpes, gaufres et frites, bal le soir. Inauguration du square « lorsque la température le permettra ». Remise de la médaille communale en argent à M. Hocquet et à Lucienne Vidoni. Début mai : kermesse organisée par les jeunes au profit de leur caisse, terminée par un bal.
- Fleurir le village – « Un village fleuri c’est un village qu’on aime » : chacun est invité à garnir de fleurs trottoirs et bordures de fenêtres.
- Le comité de rédaction du bulletin réunit MM. Bouvet, Clermont, Lestrat, Kikel et Le Guillou. « Il n’est pas un organisme de censure. »
La journée du 25 juin 1978
« À Merlieux, comme si des jalons invisibles en marquaient l’orientation, le présent s’inscrit sans heurts dans le passé. » Le dimanche 25 juin, dès 10 h 30, la population s’est rassemblée devant la stèle qui porte les noms de ceux qui, « tous simples gens du peuple », ont été broyés en pleine jeunesse par la guerre. Une pensée, quelques fleurs, « car l’oubli ne peut pas se concevoir ».
Puis vint l’inauguration du square Gérard-Philipe par le député Roland Renard et le conseiller général André Godard. Fruit d’un travail d’équipe de plusieurs mois, il doit être un lieu de repos et de rencontre pour les habitants. Ensuite eut lieu la remise de la médaille des collectivités locales à M. Michel Hocquet, adjoint (25 ans de mandat municipal), et à Mme Lucienne Vidoni (26 ans de secrétariat de mairie). La journée s’est terminée tard dans la soirée par un repas en commun dans la salle du Foyer, autre réalisation d’un travail d’équipe de plusieurs années.
Dans notre société sans classe, sans protocole, seul le langage du cœur inspire les actes.
Roland Durand, juin 1978
Informations pratiques
Le bulletin consacre plusieurs pages aux démarches administratives de l’époque. Elles sont résumées ici à titre historique : les règles ont bien changé depuis.
À l’intention des propriétaires fonciers
Les Services fiscaux de l’Aisne rappellent que les propriétaires doivent déclarer au bureau du cadastre, dans les 90 jours, les constructions nouvelles, les changements de consistance (agrandissements, démolitions), les changements de culture (une terre plantée en bois ou en verger, par exemple) et les changements d’affectation des locaux. Sans déclaration, on perd le droit aux exonérations temporaires de taxes et on s’expose à des amendes fiscales.
La carte nationale d’identité et le passeport
Carte d’identité : demande au commissariat ou à la mairie, avec 2 photos de 3,5 × 4 cm, un timbre de 18 F et un extrait d’acte de naissance, le livret de famille ou une fiche d’état civil. Elle est valable 10 ans et permet de voyager en Europe occidentale, y compris en Espagne, Italie, Portugal, Tunisie, Grèce et Yougoslavie ; un passeport est nécessaire pour les pays de l’Est et d’Afrique.
Passeport : demande à la mairie ou à la préfecture ; il coûte 100 F, est valable 5 ans et ne peut être prorogé qu’une fois. Les enfants de moins de 15 ans peuvent avoir leur propre passeport ou être inscrits sur celui d’un accompagnateur.
Mariage, naissance et actes d’état civil
Mariage : à la mairie du domicile ou de la résidence de l’un des époux (habitée depuis au moins un mois), avec un acte de naissance de moins de trois mois et un certificat médical prénuptial, un témoin par époux et la mention d’un éventuel contrat de mariage. L’âge minimum est alors de 18 ans pour les hommes et de 15 ans pour les femmes ; les publications durent dix jours, ou vingt jours si l’un des futurs époux habite une autre commune.
Naissance : déclaration obligatoire dans les trois jours ouvrables à la mairie du lieu d’accouchement, avec le livret de famille et le certificat du médecin ou de la sage-femme. Le bulletin indique aussi où demander les extraits d’actes de mariage et de naissance selon le lieu de l’événement.
Le village en images
Le bulletin publie plusieurs photographies du village, légendées à la main.





Pages d’histoire
Merlieux et Fouquerolles en 1788-1789
Extraits du registre des délibérations municipales, à la veille de la Révolution :
| 6 mars 1788 | Réunion de l’assemblée municipale. Faute de local disponible dans la paroisse, on se réunit chez M. Desprez, syndic. |
| 3 août 1788 | Réponses aux questions de l’intendant et de la Commission intermédiaire du Soissonnais. La paroisse compte quatre « privilégiés des tailles » : M. Dennet, prévôt héréditaire du Laonnois, seigneur foncier et en partie de Merlieux et de Valavergny ; M. Edart, curé ; M. Bailly, secrétaire du Roi ; M. Desprez, fourrier des logis de la maison de Monsieur. On y compte trois ménages invalides très pauvres. La communauté est endettée de 200 livres pour une horloge. Douze vignerons constatent que l’arpent de vigne a rapporté cette année neuf pièces sur le terroir de Merlieux et Valavergny. |
| 21 mai 1789 | Visite du blé par le syndic et des membres de la municipalité. La paroisse compte 67 feux et 248 personnes, presque tous vignerons, sauf quelques petits laboureurs. Un quart des habitants a de quoi tenir jusqu’à la moisson ; pour les trois autres quarts, il faudrait 70 ânées de blé. |
| 20 septembre 1789 | Le presbytère étant en mauvais état, on donne au curé un logement provisoire en attendant les réparations. |
Le lieudit Cléry
Cléry ne semble pas avoir été un hameau au même titre que Fouquerolles et Valavergny, mais dès le XIe siècle quelques habitations y abritaient un peuplement « non négligeable ». Ses limites allaient des Grandes Bruyères et de la Tuilerie (maison Gasser) au nord jusqu’à l’Ailette (alors appelée « la Lette ») au sud, et des cendrières de Chailvet et Chavignon à l’est jusqu’au marais Guillot à l’ouest. Il n’y avait pas encore de chemin de fer.
| 1139 | Barthélemy de Joux donne le moulin de Cléry aux religieux de Saint-Martin. |
| 1153 | Son successeur leur abandonne la moitié du vivier et de l’eau jusqu’à Cléry, avec la cour, le noyer et le jardin, contre une rente de dix muids de mouture, plus deux muids pour le chapitre de Saint-Jean du Bourg de Laon. |
| Août 1260 | Le chapitre de Laon autorise l’évêque à lui racheter, pour 55 livres parisis, des droits de vinage à Merlieux, le droit de haillonnage et de pesage, et une rente de 10 sols sur le moulin de Clary. |
| 1563 | Le moulin et la cense qui l’entoure sont vendus à Christophe de Lameth pour 591 livres tournois. |
| 1619 | Le moulin passe à la famille La Vieuville ; on n’en entend plus parler ensuite. |
On ne parle plus non plus de la tuilerie, où furent pourtant fabriqués les pavés hexagonaux des carrelages et les tuiles plates dont on retrouve des traces sur les toits de l’église et de vieilles maisons de Valavergny. L’emplacement du moulin reste difficile à situer : il fonctionnait peut-être avec l’eau de la Lette, puisqu’un lieudit s’appelle « la vieille rivière ».
La ligne de chemin de fer Paris-Hirson a coupé Cléry en deux. Entre la voie et l’Ailette, une seule maison a subsisté jusqu’à l’entre-deux-guerres, habitée par la famille Lacourt-Grimaux. Côté nord-ouest, cinq maisons furent détruites lors des combats de 1917 ; quatre ont été reconstruites, la cinquième est restée en ruine. En 1978, trois maisons sont habitées, par M. Dhiver, Mme Gasser et M. Verlyck.
« Les fils du Moyen Âge » : la commune du Laonnois
Dans ce long article signé R. Durand, le maire raconte l’histoire de la commune du Laonnois, « l’exemple le plus instructif des efforts par lesquels la population des campagnes essaya d’arriver à la liberté ». Le Laonnois réunissait alors les dix-sept villages ruraux de l’évêque de Laon, au sud-ouest de la ville, avec Anizy-le-Château pour centre. Le texte complet dont s’inspire cet article est reproduit dans le livre Merlieux – Notre Commune (1980) et résumé dans notre dossier La bataille du moulin de Comportet.
- 1174 – l’évêque Gautier II abdique. Le roi Louis VII devient seigneur direct du Laonnois, et les paysans forment une confédération qui obtient du roi une charte communale. Chaillevois, Montbavin et Montarcène, sujets du chapitre de Notre-Dame et non de l’évêché, en restent exclus, « enclave servile au milieu du territoire affranchi ».
- Les chanoines élisent un nouvel évêque, Roger de Rozoi, apparenté aux seigneurs d’Avesnes et aux comtes de Hainaut, qui décide de détruire la commune par la force, malgré le roi.
- 14 mars 1177 – l’armée des paysans, renforcée par les milices de Crépy et de Vailly, est massée entre Anizy et Pinon, au bord de l’Ailette, près du moulin de Comportet. Mal équipés, les paysans sont vaincus ; ceux qui échappent au massacre sont pris ou se noient dans l’Ailette. En 1180, sous Philippe Auguste, la commune n’existe plus.
- 1434 – Merlieux est pillé par les troupes de Robert de Luxembourg ; une partie des habitants est massacrée en un lieu appelé depuis « les Échafauds », derrière l’école.
L’auteur relie ensuite cette histoire aux luttes des siècles suivants, jusqu’à 1789, puis à l’actualité de son temps. Il propose qu’une place, une rue ou un square rappelle le moulin de Comportet et « ce que fut la lutte de leurs ancêtres ». La rue principale de Merlieux s’appelle aujourd’hui la rue des Victimes de Comportet ; nous ne savons pas encore de quand date ce nom, ni s’il a été donné à la suite de ce vœu (voir notre dossier La bataille du moulin de Comportet).
Habitants de Merlieux, vous vous êtes certainement reconnus dans cette longue histoire. Les fils et les filles du Moyen Âge, ce sont vous.
R. Durand, Notre Tribune n°4
Le bulletin écrit « Gautier II de Montagne » ; il s’agit de Gautier de Mortagne, évêque de Laon. Il écrit aussi « moulin de Comporté » pour le moulin de Comportet.
Le territoire : chemins et canton
Deux cartes dessinées à la main accompagnent ce numéro. La première présente le circuit n°1 des « Chemins du Laonnois », un itinéraire de randonnée qui passe par Merlieux, Valavergny et Fouquerolles, de Lizy et Anizy-le-Château jusqu’à Mons-en-Laonnois, avec ses bretelles et ses parkings. La seconde montre le canton d’Anizy : 23 communes, 15 000 hectares et 10 400 habitants, dont 155 pour Merlieux-et-Fouquerolles.


Associations et fêtes
La kermesse des 27 et 28 mai 1978 (commission des fêtes)
La commission des fêtes a proposé aux habitants d’organiser une kermesse pour renouer avec les jeux d’autrefois, disparus au profit des autos-tamponneuses et du tir à la carabine « qui ont rendu nos populations passives ». Plutôt que d’inviter des artistes venus d’ailleurs, elle a sollicité les talents du village (peintres, ébénistes…). Du Foyer au Lavoir se sont mêlés jeux et expositions : fils tendus, fléchettes, saut à la corde, pêche pour les petits, travail du bois, jeu du sabot, chamboule-tout, atelier de dessin, mât de cocagne et foire au troc. Un « réveil en chanson et musique » a fait le tour du village le dimanche matin.
Le bénéfice, 1 200 F, est destiné à la jeunesse : les 300 F empruntés au Conseil pour acheter la table de ping-pong ont déjà été remboursés, et 450 F iront aux petits pour la fête de Noël. Article signé Patrick Kikel, pour la commission des fêtes.
Association de chasse de Lizy et Merlieux
Le bail et le bureau ont été renouvelés. L’association, toujours de type amicale, couvre environ 700 hectares sur Merlieux, Lizy et Montbavin et reste affiliée à la Fédération des chasseurs de l’Aisne. Les locations de terre ayant doublé, le prix des actions augmente : 2 100 F pour les actionnaires extérieurs, 1 100 F pour les résidents secondaires, 700 F pour les domiciliés de moins de 62 ans, 350 F pour ceux de plus de 62 ans et pour les gardes. Conseil d’administration : M. Maziare (président), M. Pasquier (vice-président), M. Chaudoye (secrétaire-trésorier) ; membres : MM. Clermont, Viot, R. Fouquart, Charpentier, Renoue, Rollin. Toutes les autorisations de gros gibier ont été utilisées. Article signé Olivier Clermont.
Association des Anciens Combattants (Chaillevois, Chailvet, Merlieux, Urcel)
Les présidents Dartois et Ebelman ont participé à plusieurs réunions revendicatives. Plusieurs demandes ont abouti : alignement de la retraite du combattant et attribution de la carte aux anciens d’Afrique du Nord. Le bal du 11 Novembre a permis d’aider des camarades dans le besoin et d’offrir des bons d’achat aux plus âgés. L’assemblée générale, présidée par M. Berger, président fédéral, s’est tenue à la mairie ; le dernier dimanche de mai, journée de la Déportation, une gerbe a été déposée au monument avant un repas amical à la cantine scolaire d’Urcel. L’article se réjouit qu’un nombre grandissant de jeunes participe aux commémorations du 11 Novembre et du 8 Mai.
L’association « Confiture » et ses démêlés avec le Conseil municipal

Dans un long article, D. Lestrat, de la communauté du Moulin de Paris, raconte le différend entre l’association culturelle cantonale « Confiture » et le Conseil. Le 1er mai 1977, la commune avait accepté de prêter la salle des fêtes contre le seul paiement du chauffage et de l’électricité, en échange d’un membre de droit au conseil d’administration de l’association (Patrick Kikel). Le 30 juillet, le Conseil a modifié les tarifs de la salle (200 F plus 50 F de caution pour les entrées supérieures à 3 F).
Dans sa lettre du 4 novembre 1977 aux conseillers, il rappelle que l’association, forte de plus de 100 adhérents, ne rapporte pas d’argent et apporte des spectacles et des films à un canton où « rien n’est fait à ce niveau-là ». Il cite l’exemple de Pinon, qui soutient l’association à fond, et demande que la salle du Foyer ne devienne pas « un musée aux souvenirs, vide 360 jours sur 365 ». Après un vote à bulletin secret, le Conseil s’est de nouveau prononcé contre le prêt aux frais réels ; le compte rendu paru dans L’Aisne nouvelle du 3 décembre 1977 a jugé son intervention « intolérable ».
L’association poursuit malgré tout son travail : nouveau bureau élu en fin d’année, spectacle « La journée d’une infirmière » le 11 juin 1978 à Anizy, tour de chant du groupe folk Maldone le 23 juin à Mons-en-Laonnois. Elle publie son bilan financier de 1977 et propose des bons de soutien à 5 F auprès de Dominique L., au Moulin de Paris.
| Opération (1977) | Recettes | Dépenses |
|---|---|---|
| Vente de cartes (93 × 10 F) | 930,00 F | 994,37 F (impression, assurance, divers) |
| Spectacle Glenmor | 2 361,00 F | 3 605,58 F |
| Spectacle Wetterwald | 759,00 F | 1 688,69 F |
| Théâtre Le Tourniquet | 174,00 F | 241,00 F |
| Film « Naissance sans violence » (entrées et livres) | 282,15 F | 178,00 F |
| Spectacle Rosine Nizard (avec buvette) | 486,30 F | 500,00 F |
| Spectacle Carpe Diem | 3 585,00 F | 3 485,00 F |
| Spectacle Jean Martin (avec buvette) | 360,00 F | 550,00 F |
Libres opinions
Le récit d’un objecteur de conscience
Le n°3 publiait la demande de statut d’objecteur de conscience de Brunetto Montecchio, de la communauté du Moulin de Paris. Le statut lui a été accordé, et il raconte son parcours. Affecté en juin 1977 au bureau d’aide sociale de Lorient, dans un foyer de personnes âgées, il y trouvait un travail social intéressant, jusqu’à ce que l’administration veuille faire des cinq objecteurs une main-d’œuvre bon marché (240 F par mois) pour remplacer le personnel. Après avoir dénoncé la situation, ils ont été mutés à l’Office national des forêts, le plus loin possible de chez eux.
Dans un petit village de l’Hérault, il devait ramasser les pierres et les branches derrière une épareuse, puis se rendre au chantier à vélo (15 à 25 km, entre 200 et 800 m d’altitude). Il a refusé d’obéir et s’est mis en grève, a quitté plusieurs fois son affectation, notamment pour aider quelques jours à la construction d’un centre de recherches sur la paix au Larzac. Sa conclusion : la reconnaissance d’un véritable droit à l’objection « est loin d’être acquise ». Il termine par une liste de livres sur l’objection, que la communauté peut prêter.
Sur la libération de la femme
Pour l’auteure (signature illisible sur le scan), libérer la femme, « ce n’est pas seulement faire entrer le lave-vaisselle dans la cuisine ». Elle évoque des siècles de société patriarcale, les femmes pour qui quitter le foyer deux heures le soir pose un cas de conscience, ou le choix difficile entre travailler et élever ses enfants. La libération de la femme ne doit pas porter atteinte à celle de l’homme : ils « sont faits pour se compléter et non pour entrer en conflit ». Elle passe avant tout par l’éducation que les mères donnent à leurs enfants. « Il est évident, Messieurs, que ce texte attend une réponse ; rendez-vous dans le n°5. »
« Des livres pour quoi faire ? » et la bibliothèque municipale
Léon-Paul Bouvet s’interroge : lire, c’est quoi, et pour quoi faire ? Lire, ce n’est pas se couper du monde, c’est « chercher avec d’autres des réponses à des questions qu’on se pose ». Ne pas lire ni écrire, c’est laisser les autres penser et agir pour nous : d’où l’importance du journal du village, où chacun peut écrire et lire. Il compare les 8 000 bibliothèques françaises aux 25 000 d’Angleterre. Faute de bibliothèque à Merlieux, il propose d’échanger les livres : un emprunt payant (un dixième du prix) ferait qu’au bout de dix lecteurs, le livre appartiendrait à la commune. Il suggère des veillées-lecture au Foyer ou au C.P.I.E., le retour du Bibliobus, et propose une liste de 18 livres (Aragon, Marcel Aymé, Hervé Bazin, Colette, Gabriel Chevallier, Émile Ajar, Alex Haley, Paul Lafargue, Christiane Rochefort…).
De son côté, Dominique (de la communauté) poursuit la liste des livres de la bibliothèque municipale commencée dans le n°3, avec les titres 101 à 200 : About, Balzac, Daudet, Dickens, Erckmann-Chatrian, Anatole France, Hemingway, Victor Hugo, Kipling, Pierre Loti, George Sand, Jules Verne, Zola et bien d’autres. Les livres étant « hors de prix », les faire circuler lui semble logique ; il invite aussi les habitants à donner des livres ou à faire circuler des listes. La liste complète figure dans le document original.
Poésie de Daniel Leguillou
Un poème en douze strophes dédié au village, à ses « petites manies », ses « petits racontars » et sa fête communale. Il s’ouvre ainsi :
Petit, petit pays, Loin de la grande ville, Qui s'appelle Merlieux Loin de la vie facile.
et se termine par : « Habitants de Merlieux, / Comptez sur mon soutien. » Le poème complet figure dans le document original.
Pour un cimetière propre
Mme Danièle Le Guillou, bien qu’opposée à mettre ses idées dans un journal, demande que les pots, verres et fleurs fanées soient jetés dans le coin prévu derrière le cimetière. Comme les visiteurs extérieurs ne le trouvent pas, elle suggère d’installer une poubelle ou un grand coffre en bois bien visible dans le cimetière : « un cimetière propre est le respect de ses morts, mais aussi de notre propre respect ».
La vie chère et « la société capitaliste devant l’histoire »
Un court texte s’indigne de la destruction de centaines de tonnes de choux-fleurs alors que les consommateurs paient cher fruits et légumes, et que des millions d’êtres humains souffrent de la faim : « des avions, de l’essence pour les œuvres de mort, rien pour sauver des vies humaines ! ».
Sous le titre « Les Français sont contents » (avec un dessin d’après Wolinski), une page compare les prix : la hausse atteint près de 12 % par an selon l’indice I.N.S.E.E., « très largement contesté ». Suivent des conseils d’achat tirés du journal Le Sauvage et un encadré « Buvez de l’eau ! » repris de Combat familial, qui détaille le prix de l’eau en bouteille.
| Produit | En 1973 | En 1978 | Hausse |
|---|---|---|---|
| Pâtes Panzani | 1,05 F | 2,25 F | 115 % |
| Café Ravardy | 2,85 F | 6,60 F | 132 % |
| Essence super (litre) | 1,22 F | 2,42 F | 100 % |
| Bouteille de butane | 17,16 F | 24,05 F | 41 % |
🔎 Pour aller plus loin
Les personnes citées. Elles sont réunies, avec leurs familles et les liens de parenté retrouvés, dans la page Les noms du village.
Le square Gérard-Philipe est l’aménagement de l’ancien lavoir, annoncé dans le n°3. Ce lavoir avait été donné à la commune en 1862 par la châtelaine (voir le n°1 et la page sur « Les Vendangeoirs du Laonnois »).
La communauté du Moulin de Paris signe plusieurs textes de ce numéro, comme dans le n°3, qui présentait aussi l’association « Confiture », la première demande d’objecteur de conscience et les cent premiers livres de la bibliothèque municipale.
Glenmor, dont le spectacle figure dans le bilan de Confiture, était un chanteur et poète breton.
Dans le livre de Roland Durand. Ce numéro est repris dans Merlieux – Notre Commune (1980), avec le registre de 1788-1789, complété par le procès-verbal des États généraux et le cahier de doléances de Merlieux (voir 1789).
Sources : « Notre Tribune » n°1 et n°3 ; Wikipédia (Glenmor).
Le bulletin original
Retrouvez le bulletin complet, numérisé, ci-dessous.
Source : « Notre Tribune », bulletin communal de Merlieux, numéro 4, 1978.
Vos souvenirs
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