Merlieux – Notre Tribune, N°3 (juin 1977)

ℹ️ À propos de cette page – Le texte ci-dessous est une retranscription résumée du bulletin municipal original « Notre Tribune » n°3. Le document original, numérisé, est consultable et téléchargeable en fin d’article.

Bulletin municipal · Numéro 3 · juin 1977

Troisième numéro de Notre Tribune, paru après les élections municipales de mars 1977. Au sommaire : le nouveau Conseil, la vie du village et les travaux, la construction du foyer rural par les bénévoles, la jeunesse, le Chemin des Dames soixante ans après, l’histoire du hameau de Fouquerolles, les associations, de nombreuses libres opinions et un dossier spécial élection.

Merlieux en quelques chiffres

11

Sièges au Conseil, dont 4 nouveaux élus en 1977

75 m³

D’eau par jour grâce à la nouvelle source

5

Transformateurs électriques

100

Livres à la bibliothèque municipale


Le mot du maire et l’éditorial

« Nous vous présentons le troisième numéro de notre journal communal. » Les deux premiers numéros ont vu leur tirage rapidement épuisé, sans doute parce que cette publication répondait à un besoin. Le Conseil aurait voulu une troisième édition plus complète et avait sollicité des « journalistes amateurs » de Merlieux ; peu de volontaires se sont présentés, peut-être par crainte de ne pas trouver les mots justes.

Hommes et femmes de Merlieux, hommes et femmes du peuple, votre langage nous le connaissons, c’est celui du cœur et de l’amitié.

Roland Durand, juin 1977

Dans son éditorial, Roland Durand compare la vie de la commune au rythme des saisons : après le repos de l’hiver vient l’appel du printemps, où « chacun éprouve le besoin de créer quelque chose de nouveau ». C’est, écrit-il, sans doute pour cela que les consultations électorales ont lieu au printemps. En ce printemps 1977, la cité « habituellement si calme » fut prise dans le tourbillon : le jour du vote, la mairie était trop petite pour accueillir tous les habitants. Quelques conseillers sont partis, d’autres les ont remplacés ; « la fièvre est tombée » et l’administration communale a repris sa route, avec pour garde-fous « le possible et le raisonnable ».


Administration communale

Le Conseil Municipal élu en 1977

FonctionNomAnnée
MaireRoland Durand1934
1er AdjointMichel Hocquet1953
2e AdjointJacques Batize1965
3e AdjointMadeleine Lefort1977
ConseillerAdonis Poindron1947
ConseillerOctave Bocquillon1971
ConseillerJean Janeiro1971
ConseillerLéon-Paul Bouvet1977
ConseillerOlivier Clermont1977
ConseillerPatrick Kikel1977
ConseillèreJeanine Leroux1977
Secrétaire de mairieLucienne Vidoni1952
Le bulletin indique 1934 pour Roland Durand, contre 1932 dans les numéros 1 et 2. Dans son livre Merlieux – Notre Commune (1980), Roland Durand écrit lui-même avoir été élu en 1934.

Bureau d’Aide Sociale et commissions

  • Bureau d’Aide Sociale – Délégués du Conseil Municipal : Emile Charpentier, Adonis Poindron, Madeleine Lefort, Jeanine Leroux ; Délégués du Préfet : Jacques Batize, Fernand Guidez, Henri Thiébaut, René Bellangeon
  • Fêtes : Batize, Janeiro, Bouvet, Kikel, Leroux
  • Voirie : Bocquillon, Bouvet, Clermont, Poindron
  • Bois et plantations : Clermont, Poindron, Kikel, Lefort
  • Eaux : Batize, Janeiro, Hocquet, Clermont, Bocquillon
  • Qualité de vie : Lefort, Bouvet, Clermont, Poindron
  • Travaux : Batize, Kikel, Clermont, Bouvet
  • Délégués – Syndicat électrique : Clermont, Lefort ; C.E.S. : Bouvet, Kikel ; Syndicat de Pinon : Batize, Leroux

Le territoire et le patrimoine en images

Le bulletin s’ouvre sur une carte du territoire communal, dessinée à la main, et sur plusieurs photographies de bâtiments du village, publiées sans légende.


La vie au village

Depuis la parution du n°2, il y a eu peu de mouvements de population :

Une naissanceStéphane Lamy
Trois décèsM. Blavignat, Mmes Dyrla et Leroux
Un mariageJean-Claude Dupont
DépartsM. Acacio (5 personnes), M. Moklin (2 personnes), M. Jean-Claude Dupont
ArrivéeM. Corcy, ferme Boulogne (7 personnes)
ConstructionUne seule maison neuve (maison Touboulic) ; la maison de M. Moklin a été vendue comme résidence secondaire

Il n’y a pas d’autre demande de permis de construire : le redressement espéré avec l’arrivée de jeunes ménages ne s’est pas poursuivi. Le nom de Merlieux est souvent cité grâce au parc de loisirs Sitraco, à la Maison de l’Aisne et aux sentiers pédestres du syndicat d’initiative d’Anizy, mais cela pèse peu dans les ressources de la commune. Pour garder son indépendance, la commune aurait besoin de plusieurs permis de construire chaque année et de commerçants ou d’artisans. L’infrastructure existe : réseau électrique équilibré, ressources en eau suffisantes, terrains à bâtir disponibles.


Les travaux du Conseil et des commissions

Délibérations de 1976

  • Impôts et cadastre – mise à jour du plan cadastral et des bases des impôts locaux. L’étalement sur cinq ans du recensement des bases de 1973 se poursuit, mais les inégalités que la réforme voulait faire disparaître ont au contraire été accentuées : seuls les signes extérieurs sont retenus, et non les revenus réels.
  • Eaux – les travaux d’aménagement de la nouvelle source sont terminés ; les terrains ont été achetés à M. de la Fortelle au prix de 10 000 F l’hectare. Quatre poteaux d’incendie ont été posés.
  • Syndicat électrique – une nouvelle ligne moyenne tension a été acceptée ; un transformateur posé au square desservira le château et les maisons voisines. Avec cinq transformateurs, toute la commune sera à l’abri des chutes de tension.
  • Syndicat scolaire – la hausse des frais a augmenté la participation communale. Pour les enfants des communes dont l’école a fermé (Merlieux, Montbavin, Wissignicourt, Allemant), les bâtiments du C.E.S. (cantine, préau) restent inaccessibles aux élèves du primaire : « nos enfants sont les mal-aimés de ce système de regroupement », et aucune des promesses faites lors de la fermeture des écoles n’a été tenue.

Imposition de l’année 1976

NatureTaxe d’habitationFoncière bâtieFoncière non bâtiePatenteTotal
Département – taux9,82 %10,7 %30,4 %5,08 %–
Département – montant7 5864 7976 14924118 773 F
Commune – taux4,24 %5,40 %20,60 %2,91 %–
Commune – montant net3 0452 2483 8791289 300 F
Commune – montant réel3 2742 4204 1601389 992 F
Total réel10 8607 21710 30937928 765 F
Indices (centimes)0,3590,4741,470,2072,510
Taxes diverses : Chambre d’agriculture 1 614 F, A.P.S.A. 1 212 F, Chambre de commerce 23 F, taxe régionale 798 F. Le montant départemental de la taxe foncière non bâtie est corrigé à la main sur l’original.

Les loisirs des pionniers : « Merlieux aura bientôt son foyer rural »

Le bulletin reproduit un article de presse : sous la direction de leur maire, Roland Durand, de nombreux volontaires du village ont décidé, faute de crédits, de construire eux-mêmes un foyer rural, dont l’absence se faisait cruellement sentir pour l’éducation populaire. « Dans ce foyer bien aménagé, les jeunes pourront y trouver des raisons supplémentaires d’aimer leur village. » La photographie montre un groupe de volontaires en plein travail, avec le maire à l’extrême gauche.


Les problèmes de la jeunesse

Élu conseiller municipal en 1977, Patrick Kikel s’est vu confier, à sa demande, une mission d’information et de coordination auprès de la jeunesse. Il souhaite qu’un groupe de jeunes se constitue autour d’activités concrètes, en lien avec les conseillers municipaux. Les premières réunions à la salle des fêtes sont encourageantes, et les jeunes ont participé pour la première fois à la commission des fêtes.

Projets retenus : l’aménagement d’un terrain de sport et, selon les goûts de chacun, l’initiation à la peinture, à la poterie ou à la sculpture. Une première soirée « brochettes et chants », offerte par les jeunes à leurs aînés et à leurs parents, s’est très bien passée. Il demande aux parents de motiver leurs enfants autour de cette nouvelle forme d’action.


Une page d’histoire : le Chemin des Dames, soixante ans après

« Il y a 60 ans c’était l’effroyable bataille du Chemin des Dames. » L’article cite Roland Dorgelès, venu sur place après la guerre pour écrire Le Réveil des morts : la bataille a coûté 150 000 morts français et 200 000 allemands.

Il retrace l’histoire de ce chemin « sans cesse voué à la dévastation » : les légions de César en 57 av. J.-C., les invasions venues de l’Est, les Normands, Clovis, les troupes de Frédégonde et de Brunehaut, Jeanne d’Arc revenant du sacre de Reims. Son nom lui vient d’Adélaïde et Victoire, filles de Louis XV, qui l’empruntaient pour se rendre au château de la Bove. En 1814, Napoléon y livra sa dernière grande bataille contre les Prussiens et les Russes. Du 13 septembre 1914 à septembre 1918, les combats y furent incessants.

1917 fut « à la fois la plus cruelle et la plus décevante » des années : quelques centaines de mètres pris, perdus, repris coûtaient des milliers de morts. Au printemps 1917, certaines unités refusèrent de se battre, et la répression fut sans pitié. Soixante ans après, l’auteur appelle à réhabiliter ces hommes. Suivent des extraits de lettres de combattants de première ligne, d’une grande dureté, qui décrivent les tranchées, les morts et les gaz.

La laideur tragique de ces évènements a cependant besoin d’être de temps à autre rappelée, car l’insouciance d’une vie momentanément sans risque conduit inéluctablement à de nouvelles catastrophes.

Notre Tribune, n°3

Le hameau de Fouquerolles

Fouquerolles – Fulcrolus : « lieu où poussent les fougères ». Hameau de Merlieux depuis le XIIe siècle, c’était alors un village de 115 habitants (23 feux), un fief avec ses seigneurs. Les noms de Fouquerolles et Merlieux furent cités presque en même temps, mais c’est sans doute à Fouquerolles que naquit le village : en 665, des moines bénédictins menés par Robert de Pargny, religieux de Barisis, y fondèrent une communauté dans un lieu boisé et inhospitalier. Le prieuré, placé sous l’invocation de Saint-Paul, subsista jusqu’au début du XIVe siècle.

Les seigneurs

1138Adon de Fouquerolles
1460Gilbert de la Mothe, écuyer, seigneur par sa femme Aliénor des Fosses
1514Pierre de la Mothe, écuyer – femme Michelle de Gascoin
1550-1554Christophe de la Mothe – femme Charlotte de Lunières

Le prieuré de Saint-Paul

683Sérulfe, évêque de Laon, donne des biens à Roger, prieur de Saint-Paul
741Madelan, évêque de Laon, meurt au prieuré le 13 septembre et y est inhumé
785Albéric, seigneur de Wissignicourt, pille le prieuré
883Incendie du prieuré par les Normands
906Valgare, comte de Laon, ravage le village
1004Adalbéron, 38e évêque de Laon, donne au prieuré sa ferme près de Montarcène
1005Fondation d’une maladrerie par Guy III de Meaux pour servir de refuge aux pauvres
1073Hervert IV, prieur, fait construire une plus grande chapelle, sacrée par Radbod II, évêque de Noyon
1114Thomas de Marle ravage et incendie le prieuré ; la plupart des religieux périssent, dont le prieur Mathieu de Bercy
1126L’évêque Barthélemy fait reconstruire le prieuré et y place Hugues de la Rochefoucault
1213Charte établissant la commune de Merlieux, par Robert de Châtillon, évêque de Laon
1302Le 27 mars, la foudre détruit complètement le prieuré ; ses biens sont partagés entre l’abbé de Prémontré et le chapitre de Laon

À partir de cette époque, l’histoire de Fouquerolles se confond avec celle de Merlieux.


Information communale

Le Conseil a décidé d’organiser, environ tous les deux mois, un ramassage des ordures refusées par le ramasseur habituel ; le premier a eu lieu le samedi 4 juin à partir de 9 heures. Il est demandé de ne plus utiliser les anciennes décharges publiques.

Depuis l’installation de la Maison de l’Aisne dans l’ancien château, Merlieux accueille de nombreux visiteurs venus de toute la France et de l’étranger. Pour qu’ils gardent l’image d’un village beau et accueillant, la commune, à la « pauvreté financière » connue, compte sur chacun : quelques peintures extérieures refaites, des trottoirs entretenus, quelques massifs de fleurs.


Associations

Association de chasse de Lizy et Merlieux

Association de type « Amicale », sur environ 700 hectares à Merlieux, Lizy et Montbavin, affiliée à la Fédération des chasseurs de l’Aisne (présidée par le comte de Berthoult). Siège à la mairie de Lizy et à la salle des fêtes de Merlieux. Une trentaine de chasseurs, dont 22 des deux communes et 8 actionnaires du dehors. Actions : 150 F (domiciliés de plus de 62 ans), 700 F (de moins de 62 ans), 900 F (résidents secondaires), 1 500 F (actionnaires du dehors). Conseil d’administration : Maziare (président), Charpentier (vice-président), Chaudoye (secrétaire-trésorier) ; membres : Renoult, Viot, Vaquet, Lamotte, R. Fouquart. Les tableaux de chasse sont honorables : toutes les autorisations de gros gibier ont été utilisées.

Association des Anciens Combattants (Chaillevois, Chailvet, Merlieux, Urcel)

Assemblée générale à la mairie d’Urcel le 22 mai, sous la présidence de M. Berger, président départemental de l’U.F. Le président Pierre Dartois a demandé une minute de silence pour les camarades décédés en 1976 (Rillet de Chailvet, Colas d’Urcel). Bilan financier approuvé à l’unanimité, grâce notamment à M. Ebelmann, organisateur du bal. Pierre Dartois, décoré de la médaille de Verdun le 11 novembre, a été élu maire de Chaillevois. L’association a participé au congrès des anciens prisonniers à Mons-en-Laonnois, au congrès de Saint-Michel et à la commémoration de la bataille du Chemin des Dames ; des bons d’achat ont été remis aux plus anciens.

L’association « Confiture »

Le foyer populaire rural de Merlieux, recréé en septembre 1975, a été dissous après un an seulement. À Brancourt, Pinon et Anizy, des groupes de jeunes ont créé une association loi 1901, « l’association pour la diffusion culturelle sur le canton d’Anizy-le-Château », plus simplement appelée « Confiture ». Quatre sièges sont réservés aux municipalités de Merlieux, Brancourt, Pinon et Anizy ; une carte d’adhérent à 10 F donne 20 % de réduction sur les spectacles. Au programme : le chanteur breton Glenmor le 4 mai à Anizy, Denis Wetterwald le 27 mai à Pinon, et le 3 juin à Merlieux un film-débat sur « la naissance sans violence » (film de F. Leboyer) avec des animatrices du planning familial.


Libres opinions

Le C.P.I.E. vu par un habitant de Merlieux

D. Lestrat s’est réjoui de l’ouverture du Centre permanent d’initiation à l’environnement, mais s’inquiète de ce qu’il voit : un grand nombre d’arbres magnifiques abattus lors de la construction, et des tronçonneuses qui ne se sont guère tues depuis. Le 16 avril 1977, pour la journée de l’arbre, on a planté trois jeunes arbres alors qu’à 300 mètres « des marronniers tricentenaires gisent encore en travers des chemins ». Il critique aussi le transfert à Merlieux de la grange de Vadencourt, de style thiérachien : « une coiffe de bretonne sur un costume auvergnat ». Il se félicite en revanche des nombreuses « classes vertes » accueillies, et souhaite un organisme de concertation entre la commune et l’équipe du C.P.I.E.

Une demande de statut d’objecteur de conscience

Brunetto Montecchio, de la communauté du Moulin de Paris, publie la lettre qu’il a adressée au ministre en novembre 1976 pour demander le statut d’objecteur de conscience (loi du 10 juin 1971), qui permet d’effectuer un service civil de deux ans au lieu d’un an de service armé. Il y explique son refus, pour des raisons philosophiques et morales, de tout usage des armes et sa conviction qu’une défense populaire non violente peut rompre le cercle de la violence. Le texte s’ouvre sur une citation d’Albert Einstein et se termine par quelques vers de Claude Roy ; il propose d’en dire plus dans un prochain numéro.

Le guide des additifs alimentaires

La communauté du Moulin de Paris reproduit une liste d’additifs alimentaires (colorants, conservateurs, émulsifiants) diffusée « pour lutter contre l’intoxication alimentaire », en appelant chacun à la reproduire. Elle distingue les additifs considérés comme dangereux (notamment E102, E103, E105, E110, E111, E120 à E127, E130, E152, E181, E211 à E252, E311 à E330, E407, E450) et ceux considérés comme suspects (notamment E104, E122 à E180, E210 à E241, E338 à E341, E460 à E477), certains ayant été interdits par la C.E.E. au 1er janvier 1977. La liste complète figure dans le document original.

La bibliothèque municipale : 100 livres à emprunter

La bibliothèque municipale, rangée dans une armoire du Foyer populaire rural, possède de nombreux ouvrages que l’on peut emprunter auprès de Dominique (communauté du Moulin de Paris). Le bulletin en publie une première liste de cent titres, pour jeunes et moins jeunes : Le Grand Meaulnes, Le Père Goriot, Jane Eyre, Don Quichotte, Les Trois Mousquetaires, Lettres de mon moulin, Le Livre de la jungle, Croc-Blanc, Carmen, Ivanhoé, Le Silence de la mer, Michel Strogoff, Voyage au centre de la Terre, ainsi que de nombreux romans pour la jeunesse (séries « Michel », « Les 6 compagnons », « Alice », « L’Étalon noir »…). La liste complète figure dans le document original.


Spécial élection municipale de mars 1977

Le bulletin reproduit les documents de la campagne des élections municipales des 13 et 20 mars 1977. Pour la première fois depuis 1928, deux listes se présentaient à Merlieux, pour 11 sièges à pourvoir.

La liste des conseillers sortants : bilan et projets

Les conseillers sortants rappellent les pourcentages de voix de 90 à 100 % obtenus aux élections précédentes et leur « travail bénévole, érigé en principe » : goudronnage à la main du chemin de Fouquerolles, éclairage public à Fouquerolles, deux réseaux d’assainissement, entretien de l’église et de la mairie, et surtout deux années de dimanches consacrées à la salle du Foyer rural, équipée de deux appareils de cinéma.

Réalisations et projets : captation d’une nouvelle source portant la disponibilité à 75 m³ par jour ; nouvelle ligne haute tension pour le C.P.I.E. et les maisons proches de l’église (5 transformateurs) ; réfection des réseaux des Pâtures et de Valavergny ; aménagement du square de l’ancien lavoir ; troisième réseau d’égout ; recherche d’un terrain pour un nouveau cimetière ; terrain de sport pour la jeunesse. Ils appellent à ne pas « panacher » les listes.

Dans une seconde circulaire, ils apportent des précisions : budget 1977 sans augmentation d’impôts, chemins communaux en bon état, électricité, eau (source au calcaire de montagne, 4 poteaux d’incendie subventionnés à 60 %), assainissement, fêtes (voyage à Paris, soirée choucroute, fête de Noël, colis des personnes âgées), square financé par l’Office du tourisme et l’établissement régional, et rapports avec le château : le C.P.I.E. participe déjà au ramassage des ordures, à l’eau et à l’assainissement.

La seconde liste : programme

Candidats : Leguillou, Clermont, Bouvet, Kikelj, Viot. Leur programme : réunir tous les habitants autour de l’équipe municipale pour envisager ensemble les aménagements ; créer une équipe autour du maire actuel avec des jeunes et des représentants de tous les habitants ; ouvrir le C.P.I.E. à tous comme une « maison populaire » participant à la vie de la commune. Autres idées : ramassage des ordures « lourdes », salle du foyer gratuite pour les habitants, terrain de jeux pour les enfants, téléphone pour les personnes âgées isolées, reboisement.

Dans un texte personnel, Dominique Lestrat, de la communauté du Moulin de Paris, explique pourquoi il se présente : il assiste depuis quatre ans aux séances publiques du Conseil et participe activement aux fêtes et aux activités du Foyer.

La réponse des conseillers sortants

Les conseillers sortants répondent point par point au programme adverse (travaux volontaires, salle des fêtes encore à amortir, absence de lignes téléphoniques disponibles avant juillet, peupliers plantés par eux-mêmes en 1948). Ils y voient une tentative de « couper la commune en deux blocs hostiles » et affirment que le maire sortant reste fidèle à ses camarades de l’administration communale.

Le nouveau Conseil issu de ces élections est présenté plus haut, dans la partie Administration communale.

🔎 Pour aller plus loin

Les personnes citées. Elles sont réunies, avec leurs familles et les liens de parenté retrouvés, dans la page Les noms du village.

La communauté du Moulin de Paris. Plusieurs textes de ce numéro en sont issus : l’objecteur de conscience, le guide des additifs, la bibliothèque, la candidature de Dominique Lestrat. D’après des sources libertaires, cette communauté avait été fondée en 1973 par des militants anarchistes soucieux de participer à la vie du village. Selon Wikipédia, ses membres ont ensuite porté plusieurs projets communaux, dont la Fête du livre de Merlieux, créée en 1993.

Le Chemin des Dames. La Fête du livre décerne chaque année le prix Yves Gibeau, du nom d’un écrivain pacifiste passionné par le Chemin des Dames et enterré à Craonne.

Le square de l’ancien lavoir, annoncé dans le programme des conseillers sortants, a été inauguré le 25 juin 1978 sous le nom de square Gérard-Philipe. Le financement décrit dans ce numéro (subventions de l’Office du tourisme et de la Région, participation des habitants) est détaillé sur la page consacrée au square.

Dans le livre de Roland Durand. Ce numéro est repris dans Merlieux – Notre Commune (1980). Le livre précise que le premier Foyer rural, installé dans un baraquement acheté en 1946, fut inauguré en mai 1948, et reproduit le discours prononcé ce jour-là.

Sources : Wikipédia (Merlieux-et-Fouquerolles, Liste de communautés anarchistes, Yves Gibeau) ; Anarkhia ; Les lavoirs de l’Aisne.


Le bulletin original

Retrouvez le bulletin complet, numérisé, ci-dessous.

Source : « Notre Tribune », bulletin municipal de Merlieux, numéro 3, juin 1977.


Vos souvenirs

Vous avez connu les personnes ou les lieux évoqués dans ce bulletin ? Vous gardez un souvenir, une photo ou une anecdote de cette époque, ou vous avez repéré une erreur dans la retranscription ? Partagez-le ici : vos commentaires aident à compléter l’histoire du village.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *